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Recto verso

Le bardage en bois contribue à la mise en valeur de la volumétrie de la maison.
Le volume bardé de bois abrite le bureau de la maison. Tous les châssis ont été redessinés à l'occasion de la rénovation.
Entre le salon et la salle à manger, un coin a été dédié au repos autour d'un chaleureux foyer à bois.
Dans la cuisine, une colonne dissimulant les descentes d'eau jouxte le grand plan de travail central. Une poutre métallique de la structure d'origine a été laissée apparente.
La fenêtre sans vis-à-vis de la salle de bains laisse pénétrer la lumière en abondance.

Coup d’œil : rénovation

Recto verso

Sur les hauteurs de Liège, non loin de la Citadelle, un long mur de briques cache bien son jeu, dans l'enfilade des maisons du quartier. Point de hangar, derrière la porte, mais une habitation à deux niveaux, généreusement ouverte sur un jardin aux allures exotiques.

 

Fiche d'identité
Architecte : Olivier Palgen (Bureau d’architecture
ALVEOLES)
Année de rénovation : 2009
Surface habitable : 310 m²
Valeur K : non calculée
Niveau E : non calculé
Budget : 175.000 euros TTC

 

Recto fermé, verso ouvert

Le quartier est souriant, un brin désuet, avec ses pavés anciens formant une route cabossée, et la verdure qui fait sentir qu'on est dans un de ces endroits où la ville prend des airs de campagne. Entre deux maisons modestes typiques du début du XXe siècle, un long mur constitue la façade austère de l'habitation : voici le recto ! Rien, de l'extérieur, ne permet de deviner qu'en lieu et place du hangar attendu, on découvre en franchissant la porte un logement lumineux et largement ouvert sur l'extérieur. Un verso tout en surprise, qui bouscule les repères habituels des maisons citadines. Son propriétaire en parle amoureusement. Il avait déjà repéré cette bâtisse alors qu'il était enfant, et qu'elle appartenait à des amis de ses parents. Alors que toutes les maisons de la rue mesurent 9 mètres de large, celle-ci en compte le double. Les deux parcelles ont été rassemblées dans les années 1970 pour former une maison d'habitation unique, sur un terrain dont la pente descend depuis le niveau de la rue. Une structure métallique a permis de former deux étages.

Un bâtiment qui s'affirme

Le propriétaire actuel des lieux a acquis le bâtiment il y a trois ans, séduit par sa configuration originale et le potentiel qui se révélait à ses yeux : muni d'un toit plat et d'une avancée cubique accueillant à l'époque de son acquisition une piscine intérieure, l'arrière du bâtiment formant un ‘L’ autour du jardin, était déjà muni de larges baies étudiées pour laisser pénétrer le soleil aux meilleures heures de la journée. Les transformations réalisées depuis lors ont eu pour but d'affirmer un peu plus le caractère moderne, cubique et tonique de l'habitation. « Quand on arrivait sur le pallier », explique l'architecte Olivier Palgen, « il y avait un trou d'1,5 mètres de profondeur et un escalier en colimaçon. Derrière ce trou, à l'endroit du carré vitré actuel, il y avait une salle de bains exiguë avec une petite fenêtre. On passait de la salle de bains à la chambre en gravissant deux marches. Mais il n'y avait aucune vue sur l'extérieur... » Aujourd'hui, à cette hauteur, le hall d'entrée s'ouvre sur une cage d'escalier ouverte sur le jardin par une immense baie vitrée reliant cet étage au sous-sol. La luminosité agit comme un aimant, et attire irrésistiblement le visiteur vers le séjour.

Vivre avec le soleil

Le travail de l'architecte s'est beaucoup concentré sur la mise en valeur de la façade arrière. Une fois débarrassée de son bardage en amiante, elle a été couverte d'un enduit minéral d'un côté, et de l'autre, d'un bardage en bois. Le projet a accordé une attention particulière à la mise en évidence de la volumétrie, donnant des profondeurs dans les ouvertures et mettant en évidence le volume détaché du reste. « Les idées à la base étaient bonnes », reprend Olivier Palgen. « Il fallait les exploiter pleinement, et c'est ce qu'on a fait : le dévers a une orientation intéressante, le soleil pénètre toute la journée. Le constructeur de la bâtisse avait calculé la profondeur idéale du bâtiment : en été, à l'endroit où ça chauffe le plus, le soleil s'arrête à hauteur des châssis. En hiver par contre, la lumière pénètre plus profondément, grâce au soleil plus bas. C'est idéalement pensé. »

Volumétrie essentielle

Comme tout le volume était assez bas de plafond, la rénovation a été l'occasion de lui redonner une ligne verticale dans la zone de l'entrée, et vers le bureau. La terrasse, à moitié couverte, a été refaite en pierre, tout en conservant la végétation déjà présente dans le jardin : figuier et palmiers constituent un décor chaleureux, à l'ambiance méditerranéenne, autour d'un petit plan d'eau. Toutes les menuiseries ont toutes été dessinées et réalisées sur mesure, en afzélia non traité : elles prendront leurs couleurs définitives avec le temps. Les appuis de fenêtre sont en aluminium. Au sous-sol, la cuisine s'ouvre sur le séjour. Un large plan de travail central a pris place au centre de la pièce, bordé d'un côté par un coffrage abritant les descentes d'eau. Sous l'escalier, une porte mène aux locaux de rangement et à la buanderie, ainsi que des toilettes. Depuis la salle à manger, un autre escalier, métallique celui-ci, monte vers le bureau installé dans un espace conquis sur celui du garage, autrefois destiné à deux voitures. Depuis cette pièce, on bénéficie à nouveau d'une vue sur le jardin, et lorsque l'hiver est là, vers un panorama de la Cité Ardente. Une façon supplémentaire de faire entrer la lumière, décidément reine de ces lieux. En bas, le salon a pris place où se trouvait autrefois la piscine, et garde un plafond relativement bas. Entre séjour et salon, une cassette invite à faire une pause devant la cheminée.

Ouverture et luminosité

Pour aller vers les chambres, il faut à nouveau emprunter l'escalier qui mène vers l'entrée. Le coffrage en béton a été recouvert d'un enduit de type Mortex pour obtenir l'esthétique souhaitée. Au sommet, un décalage du mur cache un radiateur, tandis que le garde-corps en verre accentue la fluidité de la circulation. À cet étage, un couloir muni d'un puits de lumière mène à deux chambres. Le sol est couvert d'un plancher en chêne d'allure chaleureuse. Plus qu'un simple apport de lumière, l'immense fenêtre d'allure carrée présente dans chaque chambre joue le rôle d'un élément décoratif à part entière. Elles ont la taille maximale de ce que l'on peut faire en bois, et offrent une belle vue sur le jardin, y compris depuis la salle de bain. Cette dernière a été voulue toute en sobriété : résine polyuréthane, zelliges, séparation de douche en verre. L'absence de vis à vis a permis de placer la douche côté fenêtre. Elle est à l'image de l'ensemble du bâtiment : à la fois ouverte sur l'extérieur, mais garantissant une intimité préservée. Cette rénovation s'intègre pleinement dans l'esprit des projets du bureau Alvéoles, créé en 2009 par Olivier Palgen avec Patrick Deboutez : celui d'une architecture durable mais personnalisée et ludique.

Matériaux et équipements

  • Façades : enduit minéral sur isolant (polystyrène de 80 mm d’épaisseur)
  • Menuiserie extérieure : afzélia non traité
  • Sols : plancher massif en chêne (finition fumée)
  • Escaliers : béton + enduit à base de résine de polyuréthane et de particules minérales ; acier brut verni
  • Salles de bains : zelliges (sol), panneaux Trespa (murs)
  • Cuisine : Bulthaup
  • Toiture : roofing
  • Isolation : polyuréthane d’une épaisseur de 100 mm
  • Chauffage : nouvelle chaudière au gaz à condensation

 

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Texte : Isabelle Masson-Loodts. Photos : Sarah Van Hove.