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Rénovation : le sens du rythme

Les architectes ont opté pour une brique classique, collée selon un appareillage en panneresses avec un joint d’environ 3 cm.
Deux portes vitrées permettent de fermer le sas/bibliothèque qui sépare le salon de la cuisine afin que chacun puisse jouer de son instrument sans perturber les autres.
La cuisine a un look dépouillé grâce aux nombreuses armoires en MDF laqué blanc. Le plan de travail et les flancs de l’îlot sont en volkern. Evier Franke, robinetterie Grohe, 6 brûleurs à gaz Neff et hotte Miele.
Avec son escalier en acier émaillé, ses marches transparentes et sa passerelle de verre, la cage d’escalier inonde l’intérieur de lumière naturelle.
Lorsque le miroir en accordéon est replié, la salle de bains s'ouvre sur la cage d'escalier baignée de lumière. Les luminaires noirs PAR 36 apportent une lumière chaleureuse pour un prix abordable.
Malgré leur petite surface, les chambres d’enfant restent très confortables grâce aux lits en mezzanine.

Coup d’œil : rénovation

Le sens du rythme

Ouverture, simplicité, acoustique, rythme… Voilà quelques-uns des fondements que les architectes Pieter Peerlings et Silvia Mertens de sculp(IT) ont distillé dans cette maison de rangée peu commune – une maison où les quatre occupants doivent pouvoir s’épanouir musicalement et pour laquelle une isolation acoustique de qualité était donc incontournable.

Fiche d’identité
Architecte & architecte d’intérieur : Pieter Peerlings & Silvia Mertens - sculp(IT)
Année de construction : 2010 - 2011
Méthode de construction : traditionnelle
Superficie du terrain : 500 m2
Surface habitable : 165 m2
Niveau E : 69
Valeur K : 44
Budget : 220.000 euros

Victor et Patricia ont vécu pendant dix ans dans une maison de rangée typique de la région avant de décider de changer de décor. Dans un premier temps, ils ont envisagé une rénovation en profondeur, mais les architectes Silvia Mertens et Pieter Peerlings voyaient les choses autrement. « La meilleure solution consistait à abattre la maison pour en bâtir une nouvelle qui répondrait pleinement aux souhaits des clients sans dépasser leur budget », explique ce dernier. Le duo d’architectes a donc commencé par s’atteler à composer un programme sur mesure, dans lequel il répertoriait les exigences et les souhaits des maîtres d’ouvrage. « Nous procédons de la sorte pour tous nos clients. Nous y décrivons les éléments fixes, comme le nombre de chambres par exemple, et tout ce qui viendra s’y greffer, comme l’utilisation des matériaux, l’ambiance, le mode de vie de la famille, etc. Non seulement cela permet aux clients de mieux visualiser leur future maison, mais c’est aussi très pratique pour le service d’urbanisme. »

Ouverture et perspective

L’équipe de Sculp(IT) a imaginé une maison de rangée rouge, sobre et discrète, simple et fermée à première vue. « En réalité, rien n’est moins vrai ! », constate Pieter avec le sourire. Démonstration est faite dès que l’on pénètre dans la maison dont la largeur de façade n’atteint pas même cinq mètres. « On y pénètre par un couloir transparent, qui renforce la sensation de profondeur et ouvre les espaces. » La cage d’escalier, ouverte jusqu’à l’arête du toit et surmontée d’un toit vitré, forme le premier puits de lumière. Les marches en verre de l’escalier en acier émaillé laissent filtrer le soleil vers l’étage inférieur. Dans un même ordre d’idées, les deux chambres situées côté rue ont été pourvues de fenêtres intérieures afin de bénéficier de cette lumière naturelle. « Ainsi, les enfants peuvent aussi profiter de la vue sur le jardin. » Coincé entre la cuisine et le séjour, le jardin en patio forme le deuxième puits de lumière. « La présence d’un jardin intérieur participe à cet effet de transparence : grâce à cette intervention, les pièces du rez-de-chaussée bénéficient d’une belle luminosité. »

Acoustique

Le patio joue également un rôle important compte tenu du passe-temps préféré des occupants : la musique. « Dans cette famille, tout le monde joue d’un instrument différent. Il nous fallait donc compartimenter l’espace en fonction de la musique, sans restreindre les perspectives et l’ouverture des lieux. » Dans ce contexte, le couloir avec bibliothèque intégrée qui longe le patio fait en quelque sorte office de tampon sonore. Les habitants peuvent selon leurs envies ouvrir ou fermer les deux portes intérieures vitrées séparant le salon de la salle à manger.

Structure isolante

Outre cette isolation acoustique entre les différentes pièces de vie, les deux architectes devaient également isoler la maison du voisinage. Pour ce faire, la construction et l’utilisation des matériaux ont joué un rôle important. Deux profilés d’acier d’une longueur de quinze mètres ont été posés contre les murs mitoyens existants afin de former une structure portante. Ces murs ont à leur tour été pourvus d’une couche de laine de roche contre laquelle un contremur a été érigé. « Que ce soit pour les murs intérieurs ou pour la façade, nous avons opté pour des briques de parement couleur terre cuite que nous avons collées avec de très fins joints. Ceci afin de mieux absorber le bruit. » Mais les joints remplissent également une tout autre fonction. « Grands amateurs d’art, les propriétaires s’en servent pour y fixer des crochets auxquels ils suspendent les différentes œuvres qui composent leur collection. » Les briques ont été assemblées au moyen d’une colle rouge pour un effet plus riche et plus chaleureux. De plus, la brique forme en quelque sorte le fil rouge de cette maison, en contraste avec la finition et l’aménagement en noir et blanc.

Imprimer le rythme

Qui dit musique dit rythme, bien entendu ! Cette maison de mélomanes ne pouvait décemment pas se soustraire à la règle. Ainsi les poutres de plafond peintes en blanc ont-elles été collées à soixante centimètres d’intervalle sur les deux profilés en acier. Les poutres sont si parfaitement positionnées qu’un mètre ruban n’était presque plus nécessaire. « Les ouvriers pouvaient se contenter pour ainsi dire de compter les poutres. » Le même jeu se répète dans le patio et sur la terrasse, où les poutres en bois se prolongent tout naturellement, même si elles ont été dépourvues de finition. La haie verte du jardin, le mur blanc du séjour, le mur couvert de plantes grimpantes du patio, le mur blanc de la cuisine… Pieter s’est efforcé de reproduire habilement cette sensation de rythme. « Nous avons même modifié la façade pour qu’elle s’intègre davantage dans le rythme imprimé par les autres maisons de la rue. La façade était en réalité avancée d’un mètre et nous avons donc choisi de la ramener au même niveau que la façade voisine. »

Lumière et fraîcheur

Autre caractéristique de la maison : le travail sur mesure de qualité et les nombreux espaces de rangement. « L’architecture et l’architecture d’intérieur n’existent pas l’un sans l’autre », estime Pieter. Dans la cuisine, l’armoire murale en MDF laqué blanc rend la plupart des appareils invisibles au visiteur. La cage d’escalier possède à chaque niveau différentes armoires intégrées. Les occupants de la maison ont donc la possibilité de ranger beaucoup de choses pour mieux mettre en valeur le jeu de couleur et de lumière. À l’étage supérieur, la fenêtre éventail qui sert de miroir de salle de bains surprendra plus d’un invité. Le miroir reflète superbement le ciel lorsqu’il est fermé, tandis que ouvert, il apporte lumière et fraîcheur. Bien que la superficie habitable soit relativement modeste (165 m2), les architectes de Sculp(IT) sont parvenus à donner vie à une habitation ingénieuse et agréable à vivre. « C’est une maison, pas un frigo. En intégrant les nombreux points de lumière et les murs rouges, nous avons apporté de la chaleur à cette habitation. De plus, tout est apparent, rien n’a été recouvert. Or c’est cette architecture dénudée qui rend ce projet tout à fait unique. »

 

Matériaux & équipements

  • Façades : briques rouges, colle rouge
  • Toiture : tuiles plates rouges, polyoléfine thermoplastique (toit plat)
  • Menuiserie extérieure : châssis Reynaers Aluminium RAL 9004, verre antisolaire (patio), pare-soleil (séjour), écrans (chambres)
  • Sols : sol coulé en polyuréthane, dalles de béton blanches (terrasse), galets blancs (chemin d’accès)
  • Mobilier : armoires sur mesure en MDF laqué (couloir et cuisine), plan de travail et panneaux latéraux en volkern (cuisine), Corian, MDF laqué blanc (salle de bains)
  • Escalier : acier émaillé avec marches en verre
  • Isolation : 25 cm de laine de roche (toit), 2 cm de laine de roche (murs mitoyens), 10 cm de laine de roche (façade en front de rue)
  • Ventilation : système C
  • Chauffage : chauffage par le sol (rez-de-chaussée), radiateurs plats (chambres à coucher et salle de bains)

 

 

 

Découvrez le plan de cette maison et plus de photos dans votre magazine Bâtidéco (n°29)

 

 

Texte : Liesbeth Pairoux. Photos : Luc Roymans.